Le personnel du Lycée Français Victor Hugo de Francfort                             

 

A l’attention de

 

Son Excellence l’Ambassadeur de France à Berlin,

s/c de Madame le Conseiller Culturel,

s/c de Monsieur l’Attaché Culturel,

s/c de Monsieur le Proviseur

Francfort, le 16 février 2006

           

Votre Excellence,

 

            A la suite du courrier inacceptable adressé par notre chef d’établissement le 2 février 2006 concernant l’heure d’information syndicale du mardi 7 février 2006, nous prenons la liberté de vous faire part du malaise profond qui règne au sein de notre établissement. Nous vous prions de nous pardonner l’audace qui nous impose de nous adresser à vous, mais la situation déplorable au Lycée Français Victor Hugo ne nous laisse plus d’autre choix.

 

            Pour la majorité des personnels, l’arrivée de M. Vuillaume en tant que proviseur dans cet établissement a coïncidé avec la dégradation continuelle de l’ambiance de travail jusqu’à arriver aujourd’hui à une situation de tension intolérable. Des collègues sont écrasés sous le poids d’un autoritarisme sans borne où l’expression pourtant gravissime de « harcèlement moral » prend tout son sens. Ainsi, notre collègue d’éducation physique et sportive, après avoir subi des humiliations en public dont certains d’entre nous peuvent témoigner, a été contraint de quitter l’établissement au bout de deux années de service. Ce collègue, expérimenté et dévoué, apprécié par la hiérarchie précédente, bénéficiait pourtant du respect et de la confiance totale de ses élèves ainsi que d’un soutien univoque de la part des parents et de ses collègues. Dans le même contexte, une enseignante du primaire, enceinte, s’est entendu dire qu’elle avait volontairement omis de signaler sa grossesse au moment de son embauche. Elle a par la suite été contrainte de recourir à la justice pour faire valoir ses droits. Enfin, le contrat d’un enseignant du secondaire n’a pas été renouvelé sans que celui-ci ait reçu aucun préavis de la part de la direction.

 

            A ces cas s’ajoutent malheureusement des propos insidieux et déstabilisants à l’encontre d’un grand nombre d’entre nous, parfois même au cours de réunions officielles en présence de parents d’élèves, qui ont pour effet de nuire à la réputation de notre enseignement et de notre établissement, notamment par la remise en cause de nos qualifications et de notre professionnalisme.

 

            La menace actuelle qui pèse sur un de nos collègues nous fait craindre que la situation ne se répète à son encontre et nous incite à vous écrire aujourd’hui. Notre mouvement de grève du 2 février, bien que partiellement suivi – pour la première fois dans un établissement à gestion directe en Allemagne, les recrutés locaux se sont vu interdire de participer à la grève sous le motif qu’ils commettraient par là même une faute professionnelle – est une première étape dans notre détermination à ne pas laisser s’aggraver la situation.

 

            En vous remerciant de l’attention que vous apporterez à cette lettre, nous vous prions d’agréer, Votre Excellence, l’expression de notre très haute considération.

 

Copies :

- à  Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, à Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, à Madame la Directrice de l’AEFE ;

- à MM. les Sénateurs des français à l’étranger, Monsieur le Président de l’ADFE, à l’ADFE Allemagne, au SGEN Hors de France , au SNES Hors de France, au SNES Allemagne, au SNUipp Hors de France, au SNUipp Allemagne.