TROIS DOSSIERS BRULANTS SUR FRANCFORT

De Martine Gaertner ( SNES Allemagne)

 

 

I.                   Pas de sanction à Francfort

L’étranger, de par la précarité de certains statuts du personnel et aussi par l’isolement relatif des établissements scolaires relevant de la France, devient un ballon d’essai pour certaines mesures anti-démocratiques.

 

Ainsi en est-il de la remise en cause du droit aux heures d’information syndicale au Lycée Français de Francfort

 

Rappelons que dans les établissements de l’AEFE, le droit syndical français s’applique, l’heure d’information est un droit pour les personnels, quel que soit leur statut. Elle est à prendre sur le temps de service, à un moment où elle ne gêne pas le fonctionnement de celui-ci , c'est-à-dire généralement vers la fin de la matinée – pause repas- ou en fin de journée  Les délégués syndicaux demandent au préalable au chef d’établissement l’autorisation de tenir cette réunion.

A Francfort, avec la venue du nouvel chef d’établissement, M. Vuillaume, les problèmes se sont accumulés : le proviseur a d’abord refusé que cette HIS se tienne sur le temps de service, demandant aux délégués de se réunir après 17 heures puis à un moment où personne ne travaillerait.

Après rappel des textes au proviseur, les délégués ont pu tenir la réunion.

Le proviseur a alors fait des pressions sur le personnel en contrat local, exigeant que chacun des personnels de ce type lui fasse personnellement une demande d’autorisation écrite pour assister à la réunion. Après une nouvelle intervention des délégués syndicaux, dénonçant l’illégalité de cette mesure, le proviseur a argué d’un TD diplomatique pour menacer les personnels en contrat local de ponctionner une heure de salaire en cas de participation à la réunion.

Enfin, dernière mesure dans l’escalade des sanctions, le proviseur a refusé l’autorisation de la tenue d’une HIS le mardi 7 février de 11 heures et quart à 12 heures et quart, arguant des difficultés de service et a menacé de sanctions les personnels qui assisteraient à la réunion. Or  l’horaire proposé permettait au personnel du Primaire de tenir cette réunion sur leur heure de pause, ce qui évitait toute gêne pour les maternelles et les primaires. De plus de nombreuses enseignants du Secondaire ne travaillaient pas dans ce créneau horaire, ce que le proviseur avait certainement remarqué puisque c’est justement ce créneau du mardi qui a été à plusieurs reprises utilisé pour faire signer les contrats entre élèves dyslexiques et équipe éducative, le proviseur n’hésitant pas à mobiliser l’ensemble des enseignants pour deux élèves. La réunion s’est tenue malgré tout : sur 25 personnes présentes, seuls les deux délégués syndicaux et représentants élus du personnel avaient cours à ce moment-là.

Comme suite à ces menaces, le Proviseur a alors signalé aux autorités hiérarchiques l’abandon de poste de M. Chevreux et de Mme Gaertner.

Nous refusons, devant la mauvaise foi de monsieur Vuillaume, toute sanction contre les deux délégués.

 

Sur les frais de scolarité

Les frais de scolarité dans les Lycées Français restent souvent trop élevés pour des familles modestes. Avec leurs salaires calqués sur la France, les enseignants sont les parents pauvres de leur établissement. Notons qu’un professeur certifié touche le salaire d’un éboueur allemand, qu’un contrat local perçoit moins et que peu de contrats locaux travaillent à temps plein. Dans les Lycées Français pourtant, on exige beaucoup des enseignants (taux de réussite au bac, investissement personnel demandé comme le demande la lettre de mission jointe au contrat.)

En 2000, en Allemagne et à Francfort, divers réajustements salariaux ont été faits se traduisant par une perte des rémunérations, des négociations ont alors été ouvertes et ont conduit à la signature d’un protocole sur une réduction des frais de scolarité pour les personnels résidents et en contrat local. Une réduction progressive de 20% par an était accordée. jusqu’à la gratuité, visée en 2004.

A l’application du nouveau statut pour les résidents en 2002, les réductions ont été bloquées pour les résidents qui devaient toucher une allocation familiale compensatrice. Pourtant l’application de cette réforme qui devait aider les personnels à scolariser leurs enfants a parfois crée des situations défavorables par rapport à la situation antérieure. L’allocation versée peut être inférieure aux frais de scolarité.

 

De plus l’actuelle administration du Lycée Français remet en cause les protocoles signés par les deux proviseurs précédents, et cela sans aucun avertissement préalable, alors même que les personnels avaient accepté, les dernières années, de passer à un rythme de réduction moins rapide de 10% par an.

 

Nous demandons donc que le principe de gratuité pour la scolarité des enfants des différents  personnels soit appliqué.

 

                                                                      

Sur la précarité des emplois

Nous avons été amenés à demander le passage à un statut de résident pour certains personnels, titulaires de l’éducation nationale, qui travaillent au lycée avec un statut de contrat local. En effet le statut de résident permet la continuité de carrière pour les passages aux échelons supérieurs et surtout les cotisations retraite.

C’est notamment le cas d’une collègue qui depuis une dizaine d’années assure l’enseignement des Sciences Economiques et Sociales dans notre établissement. Seule enseignante en Economie, elle est régulièrement appelée à assurer le baccalauréat, ou à participer aux TPE. De plus elle s’investit dans la vie du lycée, a été représentante élue des personnels au CE (elle est actuellement suppléante).

Pourtant sans raison précise, la demande faite de résidentialisation a été refusée cette année. Nous souhaiterions voir avancer ce dossier , tant pour des raisons de solidarité avec notre collègue ( elle est actuellement seule avec deux enfants) , que par reconnaissance pour son travail de longue haleine au lycée.

 

N.B. (e.g.) : depuis la rédaction de cet article, la résidentialisation de notre collègue a été votée au CE. A l’agence maintenant de décider. Le SNES devrait l’aider à prendre cette décision !