Edito

rentrée 2009



L'année de la jupe ?


Tout d'abord un grand merci à Stéphane Richeux pour son engagement. Il est redevenu simple militant, mais nous comptons toujours sur lui ! Ce bulletin s'adresse à tous les collègues qui trouveront là des informations pratiques ainsi que, je l'espère, des raisons de se syndiquer. L'année de la jupe ?
Les films ou téléfilms qui évoquent notre métier font toujours sensation. " La journée de la jupe " évoque une enseignante excédée qui prend ses élèves en otage au sens propre du terme. Cette expression est souvent utilisée dans les médias lors de grèves : les usagers, les élèves… sont pris en otage. La grève est un moyen d'exprimer nos revendications. A la fin de l'année scolaire, la menace de grève le premier jour du bac à l'étranger orchestrée par le SNES contre l'avis des autres syndicats (certains nous traitaient d'irresponsables) a permis la modification du décret a propos de l'Avantage familial par un arbitrage de Matignon en notre faveur. Nous avons donc la possibilité de cumuler les deux systèmes : Avantage familial et Kindergeld. Un autre succès à mettre sur le compte du SNES est d'avoir fait reculer l'Agence lors du Comité Technique Paritaire de l'Agence du 1er avril dernier sur sa proposition de contrat d'expatrié, qui faisait disparaître toute référence à notre statut d'agent de la Fonction Publique. Cette année scolaire ne doit pas forcément être l'année de la prise d'otages. L'AEFE, le MAE et le gouvernement en décideront.
En effet de grands rendez-vous nous attendent :
- la fin des abattements sur ISVL et sur l'avantage familial lors des congés maladies (en ce moment 50% sont retirés dès le premier jour) a enfin été acceptée par l'Agence. La décision en incombe à notre ministère de tutelle, le Ministère des Affaires Etrangères. Le SNES a besoin de votre soutien pour faire valoir vos droits. En période de possible épidémie grippale, n'est-il pas scandaleux que l'on nous paye moins en cas de maladie ?
- le SNES demande la réécriture du décret (2002-22) qui régit le statut des résidents. Là encore le SNES a besoin d'adhérents et de possibilité de mobilisation pour que nous puissions profiter de cette réécriture pour éviter la mobilité imposée aux résidents, demander un remboursement des déménagements, supprimer la clause des trois mois… Contrairement à ce que préconisent certains, cela nécessite la conservation du statut d'expatrié !
- l'organisation des élections professionnelles en vue d'élire les représentants des personnels dans les instances paritaires de l'Agence appellera toute notre vigilance. Lors des dernières élections, 100% des voix du SNES ne sont pas arrivées à Paris : hors délai, oubli… il ne faut pas que cela se reproduise ! Le SNES-FSU est la première force syndicale des enseignants de second degré à l'étranger : 4 sièges sur 5 dans les commissions paritaires centrales des agrégés 5 sur 5 dans celle des certifiés et 4 sièges sur 5 au Comité technique paritaire de l'Agence. Il est aussi très largement majoritaire dans les CCPL. En cette année d'élection à l'AEFE, nous avons besoin de la mobilisation de tous pour qu'il le reste.
Pour les contrats locaux, il faut une amélioration générale de leur situation : grille commune de rémunération, des contrats signés lors de l'engagement et surtout un respect de l'individu. Certains personnels sont employés une année, leur service est réduit ou augmenté en fonction des besoins sans aucun souci de l'état de précarité dans lequel ces personnes sont mises. Par ailleurs, on veut à présent les évaluer, les noter, mais bien sûr cette notation n'aura pas d'influence sur leur rémunération ! Pour finir l'exercice 2009, le SNES-FSU demande un complément budgétaire de 12 millions d'euros pour couvrir les charges patronales de pension civile pour les personnels, pour la recréation des postes " d'expatriés " et pour le re-basage des " Indemnités Spécifiques de Vie Locale " des personnels résidents compte tenu de l'évolution des conditions de vie dans de nombreux pays.
En France, le nouveau ministre ne modifie en rien la politique de suppressions de postes suivie par son prédécesseur : 16 000 au budget 2010. Pour compenser ces suppressions le gouvernement met en place une mastérisation assortie d'une augmentation du nombre d'heures de présence devant élèves pour les stagiaires (on passe de 8 à 12) ainsi qu'une baisse de l'offre d'enseignements. Le SNES est reconnu pour son sérieux dans le suivi des dossiers. Nous restons profondément attachés au dialogue social dans nos établissements, comme dans toutes les instances paritaires. Le SNES est aussi un syndicat de conviction, et, si nécessaire, de combat. Le SNES a engagé l'action dès cette rentrée en déposant un préavis de grève pour les 2 et 3 septembre créant ainsi les conditions d'une première étape de la mobilisation. La deuxième mobilisation de l'année sera décidée avec les militants ; pétition, " grève des notes ", menace de boycott des conseils de classe ou grèves. Nous en déciderons collectivement, en fonction des réponses données à nos revendications. Une des difficultés majeures de l'héroïne de " la journée de la jupe " est son isolement. Il faut s'unir pour lutter efficacement contre les abus de pouvoir, les décisions arbitraires, les projets qui ne reposent que sur des arguments financiers…. L'éducation n'est pas une entreprise, elle ne se gère ni ne s'évalue comme une entreprise ! La communication est un outil essentiel de la lutte syndicale : le relais des problèmes des personnels par les secrétaires de sections locales permet l'intervention rapide de nos représentants aux commissions locales et à l'AEFE. Ne laissons pas l'attentisme ou la résignation régir notre mode de pensée.

Laurent Keller, S.3, SNES Allemagne