Interrogations quant à la fusion  entre le collège Voltaire et le lycée français de Berlin

 Il semblerait en bonne voie qu’une fusion s’opère entre le collège Voltaire et le lycée français de Berlin (Französisches Gymnasium, FG), mais de nombreux points restent à éclaircir : le plan présenté pour l’heure au conditionnel se traduirait par la réunion des classes maternelles et primaires du collège Voltaire avec les classes de CM2 (5ème) du lycée français dans un même établissement qui reste à déterminer, (on parle actuellement d’une école primaire proche du lycée), et par l’intégration au FG des élèves de 6ème, 5ème, 4ème et 3ème du collège Voltaire.

Ceci suscite plusieurs interrogations, indépendamment des locaux eux-mêmes, dont la proximité avec l’établissement du FG faciliterait bien sûr les déplacements des parents d’enfants scolarisés dans les deux établissements. Le collège Voltaire est payant, le FG est gratuit. Doit-on s’attendre à ce qu’à l’avenir, les parents d’élèves de CM2 du FG doivent payer des frais de scolarité dans une nouvelle école primaire fusionnée ? Auquel cas, cette fusion, dont on se serait félicité car elle rendrait gratuite la scolarisation de tous les élèves des classes de collège inscrit pour l’heure au collège Voltaire, deviendrait finalement neutre en termes de gain global pour les parents d’élèves, voire négative : on compte en effet environ 80 élèves dans les classes de la 6ème à la 3ème au collège Voltaire, l’effectif étant fluctuant d’une année sur l’autre, mais une centaine d’élèves en CM2 (5ème classe dans la terminologie allemande) au FG, pour qui la scolarité risquerait de devenir payante.

Et, en cas de frais de scolarité à régler au niveau du CM2, il y aurait tout lieu de s’inquiéter quant à l’évolution des effectifs en CM2 et 6ème dans l’un et l’autre établissement.

En effet, les règles berlinoises de changement de système de scolarité ne permettent normalement le passage qu’en 5ème classe (CM2), et en 7ème classe (5ème dans la terminologie française).

Or, une majorité d’élèves inscrits en CM2 au FG sont des élèves germanophones qui rentrent dans l’établissement après avoir eu dans les classes antérieures des cours de Français dans des Europaschulen ou leurs équivalents berlinois : la motivation des parents et des élèves diminuerait fortement en cas d’obligation de l’acquittement de droits d’écolage, surtout lorsque l’on pense à l’offre publique et gratuite des établissements allemands voisins (préparation également à l’Abibac par exemple).

Il faudrait alors s’attendre à une diminution des effectifs, ou à une rentrée dans l’établissement plus tardive des élèves non francophones en 5ème, ce qui compromettrait sans aucun doute les chances de réussite des élèves à l’examen du baccalauréat, et rendrait plus difficile et tardive la fusion des élèves francophones et germanophones dans les mêmes classes.

Si au contraire, est décidé que des classes de CM2 dans la nouvelle école primaire seraient payantes et d’autres gratuites, ne risque-t-on pas de se retrouver dans la même situation qu’aujourd’hui : des procédures judiciaires de la part de parents dont les enfants au niveau du collège n’ont pas été inscrits au FG mais au collège Voltaire (deux procédures ont lieu actuellement, la cour ayant décidé dans l’attente de jugement que les élèves soient effectivement inscrits au FG ...) ?

Par ailleurs, le Snes se préoccupe du maintien des postes des enseignants, qui est loin d’être garanti en cas de fusion des deux établissements : les effectifs sont nombreux cette année en 6ème au FG (4 classes de 28 à 30 élèves, répartis en 5 groupes d’enseignement dans certaines matières), mais moins nombreux dans les classes supérieures: 25 élèves en moyenne répartis sur 4 groupes en 5ème, 4ème, 3ème. Il paraît possible d’intégrer la vingtaine d’élèves de chaque niveau du collège Voltaire dans ces quatre groupes par niveau, ce qui rendrait surnuméraires automatiquement un certain nombre de postes d’enseignants. Les départs en retraite ou mutations des prochaines années suffiraient-ils à opérer des suppressions de poste sans entraîner de situations humaines très pénibles, en d’autres termes des suppressions sèches de postes de résident d’enseignant installés à demeure à Berlin ?

Le Snes sera très attentif à l’évolution de ce projet.

Par ailleurs, des problèmes sont apparus dans les contrats des recrutés locaux cette rentrée.

L’entrevue  des délégués du personnel avec le proviseur  du Lycée français, l’agent comptable et l’ordonnateur ( la principale du collège Voltaire) au sujet du contrat d’une TNR engagée au 1er septembre sur un poste de contrat local  (service de 10/18ème) a donné les résultats suivants :

- notre collègue, 6ème échelon de la classe des certifiés, a été engagée au 1er échelon de la grille des contrats locaux. Pour elle, perte de plus de 200 euros. Nous n’avons pas obtenu qu’elle soit engagée au 2ème échelon. Motif : nécessité d’harmoniser l’embauche de tous les contrats locaux au 1er échelon, quels que soient leur diplôme et carrière. Il est pourtant à remarquer qu’une autre collègue employée de nouveau cette année a été dès son premier contrat en 2006/2007 embauchée à l’échelon qui correspondait à sa rémunération en France. La direction actuelle considère que c’est une erreur de la direction précédente.

- A notre demande, il est ajouté à son contrat la mention qu’elle assure la fonction de professeur principale et qu’à ce titre elle recevra l’iso forfaitaire pour cette tâche (ceci ne figurait pas non plus dans le contrat de la collègue qui a été réemployée cette année et devrait être ajouté).

- refus d’accéder à notre demande que le contrat de notre collègue englobe les vacances d’été (du 1 sept 08 au 31 août 09 au lieu du 07.07.09). Motif : le droit privé allemand dont relève ce contrat local reconnaît le droit à un nombre de jours de congé qui se trouve couvert par l’ensemble des petites vacances intermédiaires. Quand le contrat local est prolongé au delà des vacances d’été, l’établissement paye les deux mois de vacances.

Aucun des arguments que nous avons opposés dans la discussion n’a réussi à venir à bout de la logique budgétaire qui fait de notre établissement, d’après les dires de la direction, un établissement tout particulièrement surveillé et contrôlé, dont le budget actuel ne couvre même plus certaines dépenses de base telles que l’achat de rames de papier pour le secrétariat. (Source : M.-C. Cerisier Struck & Sébastien Illiano)